La stratégie politique d'accompagnement du projet
en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de
la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production
d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on
connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer
un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban,
Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été
faite …) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le
Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes
dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain
n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif
de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi
d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes
nucléaires dans les confits à venir …) . Il ne s'agit donc
là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que
Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion
niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs. La « guerre préventive » formulée
désormais comme un « droit » que Washington
se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international.
La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf
dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre
intervention militaire éventuelle à des conditions sévères,
la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes
savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes
et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont
des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées
par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut
naguère la SDN par les Etats fascistes. L'abolition du droit des peuples, déjà consommée,
substitue au principe de leur égalité celui de la distinction
entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis,
accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace
vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence
même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace »
pour le déploiement des projets de ceux appelés à être
les « maîtres du monde ». Quels sont donc ces intérêts « nationaux »
que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer
comme bon lui semble ? A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un
seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord
américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de
la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué
par les transnationales des Etats Unis. Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment
de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à
dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure
où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des
Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens
allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on.
Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les
transnationales américaines, en contre partie trois cents millions
de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou »
par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père,
Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis. Ce projet est certainement impérialiste au sens le
plus brutal, mais il n'est pas « impérial »
au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer
l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer
dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller
leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes
de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée
à la maximisation de la rentabilité financière à
court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la
disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables
de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès
lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs
humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission
aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation
le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction
mieux encore que celui des sociétés européennes. Car
l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés
pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même
le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide
des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations
substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues
identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante)
à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion
politique de la société par un parti unique du capital, dont
les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales,
se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à
l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite
moitié de la société qui croit suffisamment au système
pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par
laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont
marqué la formation de la culture politique européenne moderne,
la société américaine ne dispose pas des instruments
idéologiques qui lui permettraient de résister à la
dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne
unilatéralement le mode de pensée de la société
dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant
son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ».
« Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ;
se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature
du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.
De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet
hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont
succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une
vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses
cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation
économique et l'inégalité politique. Il est infiniment
plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême
et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également
fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ».
Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les
universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie
de « benign » (« indolore ») !
S'il doit se déployer pendant encore un certain temps
ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant
une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique
de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer
des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire
des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afganistan,
font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire
permet de croire à « l'invincibilité »
des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement. L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités
du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade
(Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.
L'opinion générale la plus courante, véhiculée
par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir,
est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet
de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous
les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels.
La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend
serait donc de ce fait incontournable. L'examen des réalités économiques infirme
cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être
« le plus efficient du monde ». Au contraire presque
aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents
sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes
libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats
Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards
de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit
concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même
l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le
domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards
en 1990, a désormais laissé la place à un déficit.
La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing
témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain.
Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie,
à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés
d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés
banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour
l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le
recours à des moyens « extra économiques »
qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !
En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages
comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément
parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché
et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage
entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en
constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à
l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour
beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine
vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système
mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation
industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations
de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).
La croissance des années Clinton, vantée comme
étant le produit du « libéralisme » auquel
l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement
factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose
sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires.
Pour tous les segments du système productif réel, la croissance
des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe.
Le « miracle américain » s'est exclusivement
alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation
des inégalités sociales (services financiers et personnels :
légions d'avocats et de polices privées etc …). En ce sens
le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les
conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure
de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé
par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour
la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !
Le monde produit, les Etats Unis (dont l'épargne
nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage »
des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est
couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis
en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature
diverses : violations unilatérales répétées
des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché
mondial) largement imposées à des alliés subalternes
(qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces
armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui
supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel
des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit
américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de
l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore
de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera
la ponction exercée au titre du service de la dette imposée
à la presque totalité des pays de la périphérie
du système mondial. Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des
capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société
américaine et permettent à cette super puissance de vivre au
jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent
en rien de prétendues « lois du marché »
à la fois rationnelles et incontournables. La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé »
de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par
leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats
Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires
si nécessaire) de ces « intérêts communs ».
Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement »
les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à
vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à
consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions
mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé
à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance
atlantique ? Pas impossible, mais peu probable. Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui
des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours
possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec
le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre
les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen
de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition
économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques
des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à
ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait
alors être affecté à une relance économique et
sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais
dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité
à son essor économique et social, la santé artificielle
de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante
américaine serait confrontée à ces propres problèmes
sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe
sera de gauche ou ne sera pas ». Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion
que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée
« honnêtement » par tous et que dans ce cas tout
irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option
en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce
que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences.
La « prospérité » américaine a
pour prix la stagnation des autres. Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le
flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ?
Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont
« un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr.
C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde.
Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance
naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des
marchés » - opère ici avec une puissance certaine
auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe
de « libre circulation des capitaux » a été
sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément
aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus
financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales,
auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement !
Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système
l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer
à Washington pour en assurer la permanence. Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres
endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi
un « pays puissant endetté », dont on devrait
savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut
imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait,
fragile. Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se
situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats
Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur
hégémonie économique. Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement
du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont
certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé
par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction
de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles.
La médiocrité des systèmes de l'enseignement général
et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant
systématiquement le « privé » au détriment
du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que
traverse la société des Etats Unis. On devrait s'étonner donc que les Européens,
loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie
des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là
également le virus libéral n'explique pas tout, même
s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant
la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement
des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs
dont bénéficie encore la « vieille Europe »
(comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront
à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans
le court terme, l'occasion de profits supplémentaires. L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples.
Elle procède de la même logique qui fut naguère celle
d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques
et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette
option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes
les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce
projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées
que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques.
Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors
la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.
Le combat pour mettre en échec le projet des Etats
Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre
le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays
du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose
- ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires
quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps
où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne
la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non
Alignés). Le succès de ce combat dépendra de la capacité
des esprits à se libérer des illusions libérales. Car
il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement
libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à
tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque
mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande
de Washington concernant la « démocratie » et
la « bonne gouvernance », ou la « réduction
de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit
médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant
quelques vérités élémentaires, affirmées
avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre
conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie
vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à
la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale,
une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également,
par la libération des illusions d'un système libéral
mondialisé « non asymétrique » qui permettrait
aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ».
N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la
mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination
aucune », bénéficiant alors des applaudissements
nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle
défendu le tiers monde contre les Etats Unis ? Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et
son option militariste est celui de tous les peuples , de ses victimes majeures
d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens
et japonais condamnés à la subordination, mais tout également
du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui
« au cœur de la bête », refusent de se soumettre
comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder
au Mac Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister
à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire
peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable
de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ?
Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon
rien, dans la formation historique, de la société des Etats
Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est
pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à
l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe
prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir
de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les
pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire
moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre
que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires
du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais
cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent.
A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait
du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques
échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires,
pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment
des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles
leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi
naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse
par s'assagir ! S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens
seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien.
En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés
les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi
des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.